La troisième rencontre régionale des institutions financières maghrébines s'est tenue, hier, à l'hôtel Sheraton (Alger). Organisée par l'Institut international de la finance (IIF), en collaboration avec des institutions financières algériennes, cette manifestation, dont les deux précédentes éditions ont eu lieu à Tunis et Casablanca, se veut désormais un rendez-vous incontournable pour les professionnels du monde de la finance. Elle privilégie les échanges entre décideurs sur des questions d'actualité concernant le secteur. C'est l'occasion également pour les experts de présenter leurs points de vue sur la situation qui prévaut dans la région, notamment en matière de réformes et des difficultés auxquelles elles sont confrontées.
L'objectif global de la rencontre est de permettre aux experts de participer activement à la résolution de certains problèmes, mais aussi de proposer des moyens d'accompagner le processus de modernisation en cours des systèmes financiers de la région maghrébine. Les principaux thèmes retenus dans le cadre de la rencontre d'Alger sont relatifs à l'assistance du développement du secteur financier au Maghreb pour son intégration dans la finance internationale. Le deuxième thème porte sur la promotion des services financiers et l'efficience des institutions financières maghrébines. Le troisième thème concerne la modernisation des systèmes financiers maghrébins et le dernier thème est relatif à la gouvernance comme clé d'une intégration réussie.
Dans son allocution, M. Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d'Algérie, a souligné tout l'intérêt accordé à cette rencontre qui intervient dans un contexte marqué par la crise du marché des subprimes aux Etats-Unis, rappelant toute la complexité caractérisant les instruments d'intégration, dont ceux financiers compte tenu de leur degré élevé de transmissibilité. Dans ce sens, il insistera particulièrement sur la nécessité pour les économies en phase d'intégration de procéder à la mise en place de mécanismes permettant de limiter les effets pervers inhérents au processus d'intégration. Il s'agit surtout, a-t-il relevé, de renforcer les systèmes financiers pour en assurer la stabilité, en améliorer les performances et la compétitivité et en accroître la résilience. Par ailleurs, après avoir évoqué un certain nombre de résultats obtenus dans le cadre des réformes bancaires, il a énuméré un certains nombre d'indicateurs clés de la stabilité, notamment la maîtrise de l'inflation, le renforcement des situations budgétaires et extérieures et la stabilisation du taux de change effectif réel à son niveau d'équilibre. Pour sa part, le directeur de l'IIF, M. Charles Dallara, a estimé que l'intégration financière et économique maghrébine pourrait servir de moyen pour faire face à la mondialisation. Il a, également, souligné la nécessité pour les pays maghrébins de travailler en partenariat avec les institutions financières internationales, pour mener à bien les réformes entreprises dans ces pays, tout en encourageant le travail en commun entre les banques centrales de la région.
Il est à retenir que L'IIF est une association des banques commerciales et de quelques banques centrales. La Banque centrale d'Algérie est membre de l'IIF. L'originalité de l'IIF tient, au fait, que cette association regroupe les banques centrales et les banques commerciales. L'IIF a été créé en 1983, suite à la crise de la dette de l'époque, provoquée par le problème du moratoire sur la dette au Mexique en 1982. Son but c'est de fournir l'ingénierie financière nécessaire, à travers des rencontres et des stages dans le monde entier. Il observe la stabilité financière et monétaire internationale, travaille sur des dossiers liés aux risques sur le système financier international, propose des moyens de résolution des crises, prévoit les crises avec les grandes banques commerciales et les banques centrales, et accompagne les réformes… La rencontre d'Alger permettra aux participants de recenser les problèmes des institutions financières, de passer en revue les progrès réalisés et proposer les expertises possibles ou souhaitables. La crise des subprimes occupe l'essentiel des travaux pour voir quel sera l'impact sur la région et quelles réponses il faut apporter.
Source : http://www.elmoudjahid.com du 18 Mars 2008 |