· La réforme fin prête · Repositionnement au niveau de Casablanca
Le
Crédit populaire du Maroc (CPM) prépare sa mue. Le projet de loi
portant réforme de cette institution bancaire, pas comme les autres,
est fin prêt. Il a été examiné en Conseil de gouvernement au cours du
mois d’octobre. La dernière réforme qui avait touché
l’organisation du CPM remonte à 1996. Douze ans après, un constat
s’impose: la réussite régionale de cet établissement bancaire s’est
faite au détriment de son positionnement dans la ville de Casablanca,
où sa part de marché reste limitée. Cela s’explique par la position
historique dominante des banques à capitaux étrangers et marocains,
ainsi que par la modestie des moyens de la Banque populaire régionale
(BPR) face à la concurrence directe des sièges des autres banques de la
place. Les limites imposées par la réforme de 1996 elle-même ne sont
pas étrangères à cette situation. En effet, la loi n°12-96 imposait à
la Banque centrale populaire (BCP) de n’intervenir dans le territoire
d’une BPR qu’après l’accord de cette dernière. De plus, avec deux
intervenants sur le marché, la clientèle du CPM peut, parfois, ne pas
être servie dans des conditions optimales. Par ailleurs, cette
configuration est de nature à entraver l’optimisation des compétences
et des moyens et à engendrer des coûts de structure élevés. Rappelons
que, selon la configuration actuelle, le CPM s’articule autour de trois
structures. Il y a d’abord la dimension coopérative, matérialisée par
un réseau de 11 Banques populaires régionales. Celles-ci sont
habilitées à accorder des crédits et à effectuer diverses opérations de
banques uniquement dans leurs circonscriptions territoriales
respectives. Les BPR sont organisées sous la forme de coopératives à
capital variable, à directoire et à conseil de surveillance. Leurs
clients sont aussi détenteurs de part du capital dans le cadre du
sociétariat. Outre les BPR, le CPM comprend également un pôle
capitalistique, concrétisé par la BCP. Celle-ci est un établissement de
crédit, organisé en SA à conseil d’administration, coté en Bourse
depuis 2004. Assurant un rôle central au sein du groupe, elle a pour
mission de réaliser toutes les opérations bancaires classiques sans
toutefois disposer d’un réseau propre. De plus, elle représente un
organisme central bancaire pour les BPR. A ce titre, elle coordonne la
politique financière du groupe, contribue au refinancement des BPR et
assure la gestion de leurs excédents de trésorerie. La troisième
composante du CPM est de nature fédérale et est représentée par le
Comité directeur. Il s’agit de l’instance suprême du CPM, exerçant
exclusivement la tutelle sur les différents organismes. Il comprend
cinq présidents des Conseils de surveillance des BPR, élus par leurs
pairs, et cinq représentants du Conseil d’administration de la BCP,
nommés par ce dernier. Jointe par L’Economiste, la direction
générale de la BCP a déclaré ne pouvoir faire de commentaire au sujet
de la réforme du CPM qu’une fois le projet adopté. Contenu Pour
remédier à cette situation, et permettre l’émergence d’une BCP capable
de relever les défis de la concurrence et d’améliorer ses résultats via
de substantiels gains de productivité, un projet de loi a été élaboré.
Concrètement, il confère à la BCP la possibilité de réaliser une
fusion-absorption avec la Banque populaire de Casablanca (BPC). Cette
opération entraînera la dissolution de la BPC sans liquidation et la
transmission universelle de son patrimoine à la BCP. Le nouveau texte
de loi autorise également la BCP à exercer, au sein de la
circonscription territoriale de la BPC, toutes les activités dévolues
aux établissements de crédit selon la législation en vigueur. Source: http://www.leconomiste.com du 13/11/2008 |