Le
Crédit Agricole du Maroc (CAM) est une banque qui travaille
essentiellement avec les acteurs du secteur agricole. Actuellement, le
contexte national est dominé par les dispositions prises dans le cadre
du fameux plan vert. Principal pourvoyeurs de fonds du secteur, le CAM
dévoile ses cartes et annonce les enveloppes budgétaires qui seront
allouées dans le cadre de ce plan. Dans ce cadre, Tariq Sijilmassi,
entouré de ses proches collaborateurs, a dévoilé la nouvelle stratégie
de sa banque. Le président du directoire du CAM a commencé par
décrire la situation dans laquelle se trouve son entreprise aujourd’hui
: « le Crédit Agricole du Maroc est engagé dans un processus qui lui
fait faire un exercice qui s’apparente à la haute voltige : réhabiliter
les équilibres financier de la banque et assurer le développement et
une rentabilité. Les chiffres à ce sujet sont éloquents et même les
bénéfices sont au rendez-vous. Maintenant notre souci est d’augmenter
le taux de croissance. Car, aujourd’hui, le CAM qui répond aux normes
de BanK Al Maghrib, a passé le cap et a de nouvelles préoccupations.
Notre souci aujourd’hui c’est aussi de voir comment notre banque peut,
dans son milieu, exercer la mission d’aide au monde rural, de
l’agriculteur à l’agroalimentaire… ». Pour atteindre ce but le CAM
est désormais structuré en trois pôles. Il s’agit du CAM comme banque
commerciale traditionnelle, la SFDA (la Société de Financement pour le
Développement Agricole) et la Fondation ARDI. Tariq Sijilmassi a
affirmé : « Nous passons donc d’une banque qui faisait tout avec une
vision qui était floue à une banque avec des missions claires qui sait
où elle doit agir ». Pour cela, la banque n’agit pas au hasard,
mais se réfère à la réalité de ses chiffres et de ses indicateurs.
Selon la direction de la CAM, chacun de ses trois pôles prend en charge
un portefeuille. Il y a d’abord, les exploitants agricoles éligibles au
financement bancaire qui sont pris en charge par le « pôle banque
commerciale ». Ceux là, constituent 10% de la clientèle potentielle. Il
y a, ensuite, les petites et moyennes exploitations agricoles qui
s’appuient principalement sur l’agriculture, mais qui ne répondent pas
aux normes de financement bancaires. Cette catégorie représente 50% de
la clientèle potentielle et est à prendre en charge par la SFDA. La
troisième catégorie est composée de micro exploitations agricoles qui
ne répondent pas aux normes de financement bancaires et qui s’appuient
principalement sur des activités para ou extra agricoles génératrices
de revenus. Cette catégorie représente 40%. C’est cette catégorie qui
intéresse la fondation Ardi de la banque. Il est à signaler que ces
trois catégories sont prises en considération dans le nouveau plan vert
annoncé par le ministère de l’Agriculture. Ce plan prévoit 50 milliards
de dirhams pour la promotion de l’agriculture marocaine et le
développement de son agriculture, pendant les cinq prochaines années. «
Nous donnons l’exemple et nous prenons en charge 40% de ces fonds à
mobiliser. Nous espérons que les autres banques agiront aussi pour
boucler la boucle », a déclaré Tariq Sijilmassi, président du
directoire du CAM. Dans cette perspective, le programme ARDI sera
doté, sur 5 ans (2009-2013), d’un fond d’un milliard de dirhams. Cinq
autres milliards seront dédiés au programme SFDA. La grosse part, 14
milliards, sera allouée au financement des différentes exploitations
agricoles éligibles au financement bancaire à gérer par le pôle
commercial de la banque. Selon Tariq Sijilmassi, le plan vert
constitue l’autoroute tant attendue pour s’engager dans le
développement du secteur. Il a comparé la CAM à un véhicule qui va
prendre cette autoroute. Cela permet à la banque d’agir sur les deux
voies : le social et le business. Le principe adopté sur le plan
business est d’injecter des sommes massives dans le secteur de
l’agriculture pour le transformer en un des plus grands employeurs,
créateurs de richesse… Sur le plan social, aider les agriculteurs à
augmenter leurs productions reste le principal objectif. « Le but est
de prendre l’exemple du partenariat qui lie les sucriers avec les
producteurs de betterave ou l’exemple du partenariat qui lie la
Centrale Laitière aux producteurs de lait et les généraliser à grande
échelle », a précisé le patron de la CAM. Désormais, dans le cadre
du plan vert, le Crédit Agricole marocain a une structure tripartite :
CAM, SFDA et ARDI, qui lui permettront d’agir selon une vision plus
claire que jamais. SFDA : L’outil financier pour les PME agricoles Le
projet de création de la Société de Financement pour le Développement
Agricole (SFDA) a fait l’objet d’une convention signée le 22 avril 2008
entre le Groupe Crédit Agricole du Maroc et l’Etat dans le cadre de la
nouvelle stratégie agricole nationale baptisée « Plan Maroc Vert ». La
création de la SFDA vient compléter l’offre du groupe Crédit Agricole
du Maroc (CAM) destinée au secteur agricole et au monde rural en
général. L’objectif est de faciliter l’accès au crédit aux petits et
moyens producteurs agricoles actuellement exclus du financement
bancaire. Concernant son statut juridique, la SFDA est une
filiale appartenant à 100% au CAM. Elle est dotée d’un capital social
initial fixé à 100 millions de dirhams. La population visée par la
SFDA s’inscrit dans le cadre des objectifs du « Plan Maroc Vert » qui
table sur la réhabilitation d’un million d’exploitations agricoles dont
une partie importante relève de l’agriculture solidaire, répartie entre
la clientèle éligible à la SFDA et celle relevant d’une approche micro
finance. Les objectifs de la SFDA prévoient, à long terme, de
toucher une population cible de 420.000. Au terme des 5 premières
années, il est prévu l’ouverture de 150 agences, une enveloppe de 5
milliards de dirhams de crédits et plus de 100.000 clients. ARDI : Pour diversifier les services La
Fondation ARDI qui prend désormais, elle aussi, « l’autoroute » du plan
vert, est une association d’intérêt économique et social à but non
lucratif qui a démarré son activité en 2003. Parmi ses objectifs :
d’abord la mission de promouvoir la création et le développement de
micro entreprises, particulièrement en milieu rural, facilitant ainsi
l’accès au financement par l’octroi de micro crédits. Elle facilite
aussi le financement des différentes activités notamment l’agriculture,
l’artisanat, le commerce et les services à des conditions garantissant
la rentabilité et la pérennité des projets. Elle favorise, par des
activités de proximité, la modernisation, la croissance et la
performance des micros entreprises. Elle a en outre comme mission de
permettre aux personnes économiquement faibles de viabiliser leur
logement, de se doter d’installations électriques et d’assurer
l’alimentation de leur foyer en eau potable. Elle œuvre enfin pour la
promotion d’une culture d’entreprenariat parmi les jeunes ruraux. «
Notre ambition est de faire bénéficier le plus grand nombre de ruraux
de nos services », souligne Hanane Aajli, chef du cabinet du président
de la CAM. Et de d’ajouter, que depuis 2006 la fondation est passée de
34 antennes à 208 antennes. La même responsable a précisé que le
programme Ardi bénéficiera, dans le cadre du programme vert, d’une
enveloppe de 1 milliard de dirhams entre 2009 et 2013 en vue d’en faire
bénéficier 118.000 clients à partir de 2009 avant d’arriver à 227.000
clients actifs. Le CAM et la SONACOS au service des agriculteurs Le
Crédit Agricole du Maroc (CAM) et la Société Nationale de
Commercialisation des Semences (SONACOS) ont signé, le 3 novembre, une
convention dont l’objectif est d’élever le niveau de productivité de
l’agriculture et donc d’améliorer le niveau du revenu de l’agriculteur
marocain. Les deux partenaires ont décidé d’instaurer un cadre de
travail ayant pour objectif de faciliter aux agriculteurs et aux
producteurs de semence l’accès aux intrants, notamment les semences
sélectionnées et les engrais. Ce partenariat bénéficiera aux clients
de la banque qui désirent acquérir des semences, des engrais ou autres
produits commercialisés par le CAM. Conformément à cette convention,
la banque à accorder aux clients et fournisseurs de la SONACOS des
conditions de financement adaptées pour satisfaire leur besoin
d’exploitation avec l’application d’une tarification préférentielle. Pour
sa part, la SONACOS s’engage à encadrer les agriculteurs à utiliser les
facteurs de production commercialisés par la société. Ce
partenariat permettra de réaliser un volume d’activité de plus de 900
millions de dirhams sur les deux catégories de clients cibles : les
semenciers et les agriculteurs céréaliers.
Source : http://www.lereporter.ma du 09 Novembre 2008
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