Infrastructures Cinq institutions financières multilatérales viennent de consentir 335 millions d’euros pour boucler le schéma de financement de la première concession aéroportuaire privée au Maghreb. L’opération comble un trou laissé par le retrait de plusieurs banques commerciales. Le groupe turc TAV Airports Holding, adjudicataire de la concession relative à la construction et à l’exploitation pendant 40 ans d’un nouvel aéroport international en Tunisie, a réussi un joli coup de maître en ces temps de frilosité du système financier international. Cet opérateur aéroportuaire vient de gagner la confiance de plusieurs bailleurs de fonds multilatéraux, qui se sont engagés à combler un « trou béant », occasionné par le retrait de certaines banques commerciales, dans le schéma de financement du projet. « Cinq institutions financières multilatérales ont déjà commencé à décaisser les premières tranches de prêts à long terme d’un montant global de 335 millions d’euros, dont les accords ont été signés fin février à Tunis », précise Haluk Bilgi, PDG de TAV-Tunisie, filiale à 100% du groupe turc. Selon ses promoteurs, le projet a créé 2200 emplois durant la phase de construction. Plus de 11 000 emplois directs et indirects sont espérés en phase d’exploitation. Selon lui, une bonne partie des financements du projet n’a pu être levée, comme initialement prévu, auprès des banques commerciales en raison des « fortes pressions » sur les marchés financiers. La SFI au premier rang La plus importante participation au financement de l’aéroport, situé dans la région d’Enfidha à environ 80 km au sud-est de Tunis, à proximité des principales zones touristiques du pays, provient de la Société financière internationale (SFI), à hauteur de 135 millions d’euros. Encouragées par « un risque pays acceptable », la Banque africaine de développement (BAD) et le Banque européenne d’investissement (BEI) décaisseront chacune 70 millions d’euros. Proparco, filiale de l’Agence française de développement (AFD) et le Fonds de l’OPEP pour le développement international devraient fournir chacun 30 millions d’euros. La société TAV-Tunisie a, quant à elle, puisé 135 millions d’euros dans le fonds propre de sa maison mère. Enfin, l’Etat tunisien a pris en charge la construction de la tour de contrôle pour 10,6 millions d’euros. Des banques commerciales, dont le groupe français Société Générale et la banque sud-africaine Standard Bank, avaient déjà participé au financement du projet, conçu en modèle PPP. Inauguration en octobre 2009 Les fonds levés doivent permettre à l’opérateur aéroportuaire turc de faire face à l’augmentation du coût du projet, passé de 400 à 660 millions d’euros, la plupart des matières premières ayant été achetées en période de flambée des cours en 2008. Le nouvel aéroport international, qui aura une capacité de 7 millions de voyageurs par an dans une première étape, et de 22 millions de voyageurs en 2020, devrait être inauguré en octobre 2009. « Entamés en juillet 2007, au lendemain de la signature des accords de la concession aéroportuaire, première en son genre au Maghreb, les travaux de réalisation sont aujourd’hui achevés à hauteur de 73% », indique M. Bilgi. Selon ses promoteurs, le projet a créé 2200 emplois durant la phase de construction. Plus de 11 000 emplois directs et indirects sont espérés en phase d’exploitation. Fondé en 1997, TAV Airports Holding est le premier spécialiste turc de la construction et de l’exploitation d’aéroports. Il gère actuellement huit aéroports en Turquie, en plus de l’aéroport international de Tblisssi en Géorgie. Source : http://www.lesafriques.com du 24/04/2009 |